
Un film franco-libanais qui porte bien son nom.
Sorti il y a tout juste une semaine, le voilà déjà qui sollicite l’attention d’un bon nombre de cinéphiles. Le film, une comédie dramatique, plonge le spectateur dans une ambivalence de possibilités et de sentiments plus contradictoires les uns que les autres. Cette dualité est bien évoquée par le caramel, cette crème dépilatoire à la fois douce et mielleuse, mais aussi douloureuse, voire torturante.
Les évènements se déroulent dans un centre de beauté pour femmes. Cinq principaux personnages, cinq âmes, cinq trajectoires, cinq destinées, et une seule réalité : La servitude de la femme beyrouthine (voire la femme arabe). Qu’elle soit chrétienne ou musulmane, jeune ou moins jeune, cette dernière se trouve assujettie aux conventions et traditions d’une société qui se dresse encore contre son épanouissement total. Comme le caramel, la vie est un délice à déguster, un bonheur à savourer, une matière à malléer, une substance à assouplir, une raideur à adoucir, une pâte à façonner. Et comme le caramel, la vie peut bien faire mal et s’avérer moins douce et langoureuse par ses déceptions et désillusions. Ainsi, les différents rôles sont destinés à communiquer ces réflexions :
- Layale, une jeune femme libre qui vit la frustration d’une liaison sans issue avec un homme marié…
- Nisrine, une jeune musulmane en plein préparatifs de mariage, mais elle n’est plus vierge…
- Rima (et c’est assez nouveau dans le cinéma arabe), une jeune fille qui ne peut vivre son homosexualité…
- Jamale, la cinquantaine et divorcée, refuse de vieillir et d’admettre qu’elle est déjà ménopausée…
- Rose, la plus âgée, une couturière qui a sacrifié toute sa vie à s’occuper de sa sœur…
Entre tradition et modernité, espoir et désespoir, devoir et plaisir, ce quintet progresse. D’ailleurs, l’alternance entre les séquences tragiques et comiques en dit plus sur cet amalgame de sensations.
Dans ce film, réalisé par la jeune Nadine Labaki (34 ans) qui interprète aussi le rôle principal, les actrices – il faut l’admettre – sont d’une beauté à couper le souffle. Extrêmement sensuelles, incroyablement séduisantes, elles ont aussi un grand talent dramatique, pourtant elles ne sont pas actrices de formation. Leur splendeur est juste rehaussée par la finesse d’une musique si gracieusement choisie, et d’une lumière si professionnellement élaborée.
« Caramel », donc, s’inspire d’un quotidien qui se veut aussi onctueux que cette crème, mais dont les composants retiennent un arrière-goût amer que seuls les dégustateurs sentiront. Le film tend peut-être à traiter quelques clichés et à focaliser sur la misère de Beyrouth plutôt que sa splendeur, mais il n’en demeure pas moins vrai qu’il permet l’évasion et incite à la réflexion.
Plus de détails (photos, séquences vidéo…) sur le site officiel du film : www.caramel-lefilm.com
By Louza